Londres panse ses plaies

Vingt-quatre heures après la guérilla urbaine qui a embrasé plusieurs quartiers de la capitale. Les Londoniens sont toujours en état de choc.

« Ils saccageaient tout, c'était effrayant », raconte cette habitante de Clapham Junction. Elle décrit le bruit des hélicoptères, les sirènes hurlantes et les panaches de fumée noire… Pour la troisième nuit d'émeute, les pilleurs ont frappé chez elle, dans ce quartier cossu du sud de Londres. Lavender Hill, la rue commerçante, porte les stigmates du raid des hoodies, ces casseurs à capuches que la police a peiné à contenir lundi soir. Vitrines explosées, magasins incendiés témoignent de ce déferlement de violence… Un masque de pirate pend des décombres d'un magasin de déguisements entièrement détruit par les flammes.

 

Des semaines pour réparer les dégâts

« C'est triste de voir notre rue comme ça », commente une libraire. Derrière elle, les vitriers posent une nouvelle vitrine. Un peu plus loin, sur Saint-John Street, deux ouvriers fixent des planches pour sécuriser un magasin de photo. Si le nettoyage a commencé il faudra des semaines pour réparer les dégâts des casseurs. Le grand magasin Debenhams, ciblé par les pilleurs, n'a toujours pas rouvert ses portes.

Un peu plus loin de l'épicentre des émeutes, par mesure de précaution, la plupart des boutiques ont décidé d'observer un couvre-feu. « Tous les ordinateurs et biens de valeur ont été retirés », peut-on lire dans la vitrine de cette agence immobilière à la lisière du parc de Clapham.

La crainte d'attaques de bandes en plein service, comme celle qui s'est produite la veille à Notting Hill, a conduit de nombreux restaurants à fermer en début d'après-midi.

Epargnée par les casseurs, la gare de Clapham Junction, elle, continue d'acheminer les actifs vers le centre de Londres. « A cause des événements je ne sais pas où passent les bus », s'excuse un agent de British Rail. Sans s'étendre sur les raisons de cette flambée de violence sans précédent. Des causes que tente de décrypter la presse britannique. Ainsi, The Guardian évoque le chômage, l'exclusion…

Plus pragmatique, le quotidien londonien The Evening Standard invite dans son éditorial les habitants à retrousser leurs manches « pour effacer les traces des casseurs ». Mais engage aussi la police à rétablir l'ordre dans les rues de la capitale. A un an des jeux Olympiques, Londres doit regagner la confiance de la communauté internationale.
 

 

 

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