La Wehrmacht

La Wehrmacht (en français, « Pouvoir/Puissance de défense ») était l’armée allemande entre 1935 et 1945 à la suite de l’expansion de la Reichswehr. La Wehrmacht fut pendant un temps l'armée la plus puissante et la plus redoutable du monde.

Elle comprend la Heer (en français, « Armée de terre »), la Kriegsmarine (en français, « Marine ») et la Luftwaffe (en français, « Armée de l'air »). La Waffen-SS, qui a été, à l'origine une petite organisation militaire de l'Allgemeine-SS dirigée par Heinrich Himmler s'est progressivement étoffée jusqu'à atteindre le million d'hommes au moment de la Seconde Guerre mondiale. Elle ne fait pas partie de la Wehrmacht, mais dépend néanmoins de son haut-commandement.

Après la Seconde Guerre mondiale, elle fut renommée Bundeswehr (en français, « Défense fédérale ») pour bien marquer le changement politique, car la Wehrmacht restera tristement célèbre dans l'histoire pour avoir servi la politique agressive du nazisme.

Historique

En instituant aussitôt après la mort d'Hindenburg, le 2 août 1934, le serment solennel du soldat par lequel celui-ci s'engageait à obéir au Führer , Hitler créait les conditions d'une brutale politique d'expansion et d'agression : « Je fais devant Dieu la promesse sacrée d'une obéissance absolue au Führer du Reich et du peuple allemand, commandant suprême de la Reichswehr[1], et d'engager ma vie de vaillant soldat au service de ce serment. » Plus tard, ce serment servira d'alibi à bien des militaires pour justifier leur passivité face aux ordres injustifiés des nazis, ce qui explique l'introduction d'un article dans la Constitution de l'actuelle République fédérale, reconnaissant aux militaires le droit de désobéir à des ordres qui heurteraient leur conscience.

Le terme Reichswehr disparut définitivement de l'usage officiel à partir de 1935 et l'armée allemande fut désignée par le terme Wehrmacht lors de la réinstitution de la conscription.

Usant de nombreuses innovations, dont notamment l'emploi de la tactique du Blitzkrieg, la Wehrmacht connut un grand nombre de succès au début de la Seconde Guerre mondiale, avant d'être confrontée à une adversité plus forte (avec une sous-estimation des forces de l'Union soviétique puis l'entrée en guerre des États-Unis), la défaite emblématique de Stalingrad et à un épuisement de ses propres ressources, qui l'ont conduite à une multiplication de revers et finalement à la défaite en 1945.

On note, en reprenant un article du site « La plume et le sabre »[2], que « face à l'expérience du front de l'Est ou la plus grande partie de ses forces sont impliqué, elle subit, entre 1941 et 1945, une baisse du niveau de l'encadrement, les officiers et sous-officiers vétérans remplacés par des hommes moins expérimentés, suite au énormes pertes subies ainsi qu'une démodernisation ».

La première facette, la plus évidente, est celle de la diminution du niveau technologique global. Un simple exemple suffira à l'illustrer : en 1941, les Panzerdivisions allemandes sont intégralement motorisées ; en 1945, les tables d'organisation de ces mêmes unités prévoient des bataillons d'infanterie cyclistes et des unités du train hippomobiles. L'attrition et la trop tardive mobilisation industrielle allemande, ainsi que la nécessité de lever toujours plus d'unités, ont conduit à diminuer le niveau technologique global de l'armée allemande. Ce qui est intéressant, c'est que cette démodernisation technologique s'est accompagnée de la production d'armements très en avance par le complexe militaro-industriel allemand : armements antichars (Panzerfaust), fusil d'assaut StG44, char Panther, chasseurs et bombardiers à réaction (Me 262 et Ar 234), et les premiers missiles (V-1, V2), mais que ces armements coûteux ont eu raison de la cohérence de l'ensemble : la qualité ne peut compenser la quantité et la performance de certains matériels est sans objet si des fonctions logistiques élémentaires ne peuvent plus être accomplies.

Le second volet de la démodernisation allemande fut tactique : les pertes colossales subies par l'armée allemande ne lui permirent pas de préserver la qualité de l'encadrement, et conduisirent à la promotion trop rapide d'officiers pour combler les pertes. Si l'efficacité tactique de la Wehrmacht se maintint tant bien que mal jusqu'en 1945, ce fut au prix de l'emploi pour accomplir des missions simples d'unités toujours plus grandes : là où un régiment aurait suffit en 1942, les contre-attaques de 1944 étaient conduites par des divisions ; en outre, l'Auftragstaktik tant vantée fut sacrifiée dans les dernières années du conflit, et remplacée par un style de commandement beaucoup plus directif, afin de compenser la moindre qualité de l'encadrement aux échelons intermédiaires (régiment, bataillon, compagnie). Aussi, l'armée allemande de 1945 était du point de vue tactique, et à l'exception de quelques unités d'élites, arriérée par rapport à ses adversaires qui avait lui subit l'évolution inverse. »[3]

On compta au total 17 893 200 personnes sur une population de 80 millions d'habitants qui furent sous l'uniforme entre 1939 et 1945 ; environ 5 100 000 furent tués ou portés disparus et 5 300 000 blessés [4] dont environ la moitié après l'attentat raté contre Hitler, donc dans les 9 derniers mois de la guerre.

Il faut compter aussi les "Malgré-nous" (Alsaciens, Mosellans, Belges des cantons de l'Est et Luxembourgeois), des territoires annexés par l'Allemagne pendant la guerre et qu'elle considérait comme ayant une population allemande, et l'incorporation de volontaires étrangers.

Sa propagande a été diffusée notamment par le magazine Signal dont les illustrations, particulièrement celles en couleur, sont d'une grande qualité.

Crimes de guerre

La Wehrmacht a commis de nombreux crimes de guerre au cours de la Seconde Guerre Mondiale – bombardements de villes ouvertes, massacres de civils, exécutions sommaires de commissaires politiques soviétiques en application de l’ordre relatif aux commissaires, et exécutions de prisonniers de guerre et d’otages civils en guise de représailles pour les activités des guérillas dans les territoires occupés, principalement en URSS.

Bien que les campagnes d’extermination massive associée à l’Holocauste aient été essentiellement le fait des SS et des Einsatzgruppen, la Wehrmacht y fut également impliquée, car ses officiers et hommes de troupe ont coopéré avec les Einsatzgruppen à beaucoup d’endroits en rassemblant les Juifs et d’autres personnes en vue de leur internement ou de leur exécution. Il est arrivé souvent que des membres de la Wehrmacht ont eux-mêmes participés aux massacres, comme le firent dans une certaine mesure les membres de quasiment toutes les forces armées engagées dans le conflit, y compris les Japonais, les Soviétiques et, rarement, même les forces alliées à l’Ouest.

À mesure que la réalité de l’Holocauste devint largement connue à la fin de la guerre, beaucoup d’anciens membres de la Wehrmacht répandirent l’idée qu’elle n’était pas ternie par les crimes prétendument commis exclusivement par les SS et les autres groupements politisés dont aucun n’était membre de la Wehrmacht. Bien que le Tribunal de Nuremberg ait condamné le chef de l’Oberkommando der Wehrmacht Wilhelm Keitel et le chef d’état-major Alfred Jodl pour avoir commis des crimes de guerre, il ne jugea pas que la Wehrmacht était une organisation criminelle à l’instar d’organisations du parti comme la SS. Beaucoup d’Allemands ont considéré cela comme une exonération de la Wehrmacht. Au sein des historiens allemands, la profonde implication de la Wehrmacht dans la perpétration de crimes de guerre, en particulier sur le front de l’Est, est devenu un fait historique largement accepté à la fin des années 1970 et au cours des années 1980.

 

Résistance politique

Dès 1933, une résistance politique connue sous le nom d'Orchestre noir se mit en place dans les hautes sphères de l'armée et tentèrent plusieurs coups d’État et tentatives d'assassinat contre Hitler. Pensant la guerre perdue et espérant négocier une paix séparée avec les Anglo-américains, un grand nombre de généraux de la Wehrmacht organisèrent un complot pour tuer Adolf Hitler le 20 juillet 1944, qui constitue l'action la plus célèbre de l'organisation. L'attentat échoua et la SS procéda sur ordre du Führer à une répression féroce, la quasi-totalité des officiers ayant participé à l'attentat seront exécutés ou se donneront la mort (voir le cas d'Erwin Rommel).

 
Entrainement en 1939 sur une Maschinengewehr 34.
Combat durant la campagne de Norvège en 1940.
Militaires allemand avec une mitrailleuse Degtyarev DP 28 soviétique pris sur l'ennemi sur le front de l'Est
Un des premiers Panzer IV en 1939. La croix noire sur la blanche apparaît sur les blindés en 1940.
Des véhicules de la 21e Panzerdivision durant la guerre du désert en 1942.
Des panzergrenadiers dans la région d'Aachen en 1944.
Prisonniers de guerre de la Wehrmacht en mars 1945 lors des derniers mois de la Seconde Guerre mondiale.
Wehrmacht

Insigne de la Wehrmacht. Période16 mars19358 mai1945PaysAllemagneAllégeanceTroisième Reich AllemagneTaille 17 893 200 personnes Composée deHeer
Kriegsmarine
LuftwaffeGuerresGuerre d'Espagne
Seconde Guerre mondialeCommandant historiqueWilhelm Keitel

 

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