Effondrement des tours

 

À 9 h 58, cinquante-six minutes après avoir été atteinte, la tour Sud s'effondrait. C'est la perplexité qu'exprimait le visage du chef de bataillon Joseph Pfeffer dans son poste de commandement, au rez-de-chaussée de la tour Nord, filmé par les frères Naudet. Cette incrédulité est également exprimée dans le recueil de témoignages de la Mairie. Étant déjà intervenus à l'occasion d'un incendie et d'un attentat aux explosifs, les pompiers new-yorkais possédaient une parfaite connaissance des immeubles et croyaient qu'ils étaient aptes à soutenir de tels impacts.

D'ailleurs, Leslie E. Robertson, qui était l'un des concepteurs du plan initial de la structure des bâtiments du World Trade Center dans les années 1960, avait déclaré en 1993 que les tours jumelles avaient été calculées pour résister à la collision d'un Boeing 707 ou d'un DC-8, en pleine charge et volant à 950 km/h (la vitesse de croisière maximale). Il avait ajouté que l'impact causerait « seulement des dommages locaux qui ne pourraient entraîner ni l'effondrement ni des dégâts importants à l'immeuble ».

Francis Albert De Martini avait ses bureaux au 88e étage de la tour Nord et y périt suite à sa décision d'aider à l'évacuation des occupants piégés. Il avait commencé à travailler au World Trade Center de Manhattan après le premier attentat de 1993 qui avait frappé l'une des tours, en tant que superviseur d'une équipe chargée d'évaluer les dommages causés par l'explosion, de suivre les travaux de réparation et de veiller à leur conformité aux critères de l'ingénieur consultant du Port Autonome, Leslie E. Robertson. Il avait précisé, dans un entretien en date du 25 janvier 2001 pour un documentaire sur le WTC diffusé par la chaîne de télévision History, que les tours pouvaient probablement soutenir plusieurs impacts d'avions de ligne grâce à leur conception .

À 10 h 28, trente minutes après la tour Sud, c'était sa jumelle qui s'effondrait détruisant le Marriott World Trade Center fortement endommagé par la chute de la tour Sud et, à 17 h 25, la tour WTC7.

Une caractéristique commune aux trois effondrements est qu'ils se firent, selon les indications données par la FAQ no 6 du NIST, le rapport de la FEMA ou les calculs du professeur Zdeněk Bažant (11-12 s, 9-10 s et 6,3-6,5 s respectivement pour les tours WTC1, WTC2 et WTC7), en un temps légèrement supérieur à celui d'une chute dans le vide (8-9 s, 7,5-9 s et 6 s), indiquant une absence de résistance des structures porteuses centrales, ce que l'ingénieur du génie civil Bažant exprime en parlant de la chute des étages supérieurs dans un tube vide. Une autre est la production de jets de gaz et poussières jaillissant des façades, au moins dix étages au-dessous du front de destruction pour les jumelles, dans les étages pour WTC7. Une troisième est la symétrie à peu près parfaite de ces destructions.

Dans un rayon de cent trente mètres environ, quantité de vitres des immeubles furent détruites par l'onde de choc produite par la destruction des tours jumelles.

WTC2 

Quelques minutes après la dernière communication avec l'équipe de pompiers qui, ayant atteint le 78e étage, portait secours aux blessés et s'apprêtait à éteindre deux foyers résiduels, le chef pompier Ganci recevait le messager du bureau des urgences (OEM), Steve Moscillo déclarant que « les immeubles allaient s'effondrer et qu'il fallait les évacuer » (interrogé par ABC News, le maire Giuliani, membre de l'OEM, reconnaissait qu'il n'avait fait que transmettre cette information et l'origine de cette prévision reste inconnue). Quelques minutes plus tard, la section au-dessus de l'impact s'inclinait vers le Sud, une rotation qui traduisait la perte totale du soutien de la structure interne, la résistance de la partie intacte de la structure externe (le « tube »), mais moindre du secteur endommagé. Puis, après une accélération jusqu'à un angle d'environ 25°, cette rotation cessa brusquement, laissant la place au développement d'un énorme nuage « éruptif » qui progressa à l'identique au long de la tour jusqu'à son pied, des éléments lourds (plusieurs dizaines de tonnes) étant projetés à cent vingt mètres de distance, les plus légers à plus de quatre cents mètres, le contenu des étages (ciment des sols, plâtre des cloisons, meubles, équipement, êtres humains) étant réduits en poussière ou fragments. La plupart des vestiges se sont ainsi trouvés répartis autour du pied de la tour et sur les immeubles environnants.

WTC1

'effondrement de la tour Nord s'est produit avec les mêmes caractéristiques que celle de sa jumelle, mis à part le fait que la partie sommitale s'est effondrée immédiatement – sans résistance – et de manière à peu près verticale, après que l'antenne – soutenue par la structure centrale – a oscillé sur sa base et précédé le mouvement de chute globale. La propulsion continue des vestiges pulvérisés ou fragmentés vers l'extérieur (au minimum 300 000 tonnes), c'est-à-dire leur non accumulation en tas dans l'empreinte de la tour, est le phénomène qui a permis la survie de rares rescapés (20 personnes) surpris dans les étages inférieurs qui se sont retrouvés soit à la surface des débris, soit enfouis à quelques mètres de profondeur, permettant à la plupart d'entre eux (16 personnes) de s'échapper des lieux immédiatement ou après quelques dizaines de minutes d'effort.

 

WTC7 

Plus d'une vingtaine de témoignages — essentiellement de pompiers — exposent que, vers 16 heures, l'évacuation du bâtiment fut ordonnée pour la raison qu'il allait s'effondrer. Les déclarations du propriétaire, Larry Silverstein, indiquent que, en accord avec les chefs des pompiers, la lutte contre les feux devait être abandonnée, en raison du risque d'embrasement des réserves d'hydrocarbures situées dans les étages inférieurs. Pour qualifier la décision qu'il venait de prendre, il utilisa l'expression « pull it » (littéralement : « tirez-le » ; en raccourci : « tirons-le » pour let's pull it ou « on le tirera » pour we'll pull it). L'alerte est donnée signalant que cet immeuble allait s'effondrer. Vers 17 heures, la chaîne de télévision BBC annonce que cette tour vient de s'effondrer et appelle en direct sa journaliste sur place pour en parler alors que l'on peut voir derrière elle cette tour toujours debout. Ce n'est qu'à 17 h 25 que les pompiers assistèrent à la chute verticale de l'immeuble, le bloc central qui en surplombait le sommet disparaissant d'abord. Un nuage de poussières se développa à partir de la base, le bâtiment descendant tel quel, comme s'il s'enfonçait dans le sol, l'effondrement créant un puits d'aspiration rendu visible par l'entraînement de la fumée des feux. Contrairement à ce qui fut constaté pour les tours jumelles, les vestiges se retrouvèrent en tas, dans l'empreinte de l'immeuble, les murs de la partie basse couchés vers l'intérieur. La médiatisation de cet effondrement fut très faible, et le rapport de la commission Kean ne fait pas mention de la tour WTC7.

Opérations de secours

Lorsque le vol AA11 percuta le WTC 1 à 8 h 46, près de 8 900 personnes se trouvaient dans la tour. Environ 1355 personnes furent tuées ou bloquées aux étages supérieurs à la suite de l'impact. Quand le vol UA175 percuta la deuxième tour à 9 h 03, environ 3 440 des 8 600 personnes se trouvant dans la tour avaient déjà évacué, mais 620 personnes furent tuées ou bloquées lors de l'impact. La quasi totalité des personnes se trouvant dans les étages inférieurs aux impacts a pu être évacué avant l'effondrement des tours à 9 h 58 (WTC 2) et 10 h 28 (WTC 1), soit 87 % des 17400 personnes présentes dans les tours ce matin là. Au total, près de 2200 employés travaillant dans les tours 1 et 2 du WTC furent tués.

En moins de trois heures, plus de 200 unités de pompiers du New York City Fire Department furent mobilisées sur les lieux des attaques, soit la moitié des unités de pompiers de New York74. Ce fut la plus grande intervention de l'histoire des pompiers de New York avec près de mille pompiers mobilisés ce jour-là.

L'effondrement des Tours Jumelles entraina la mort de 343 pompiers du New York City Fire Department, de 23 officiers de police du New York City Police Department et de 37 officiers76 du Port Authority Police Department. Parmi les personnes se trouvant dans les Tours Jumelles, seules une vingtaine de personnes survivront à leurs effondrements, dont 16 personnes qui se trouvaient dans l'escalier B de la tour Nord au niveau du 20e étage.

Après l'effondrement des tours, plus de dix-mille sauveteurs, secouristes et volontaires furent présents sur le site du World Trade Center à la recherche de survivants. Vers 20 h 00 l'officier du Port Authority Police Department Will Jimeno est retrouvé vivant des décombres du WTC, il se trouvait dans le corridor souterrain qui relie les Tour Jumelles. Il sera extrait vers 23 h 00. Le lendemain matin, un peu après 7 h 00, John McLoughlin, un second officier du PAPD qui se trouvait avec Will Jimeno, est extrait vivant des décombres. Puis vers 12 h 30, Genelle Guzman-McMillan est retrouvée vivante des décombres de la Tour Nord, soit 26 heures après son effondrement. Genelle sera la dernière des personnes retirées vivantes des décombres du WTC.

Dans le cadre de l'Opération Noble Eagle, l'US Navy déploya durant le mois de septembre le navire-hôpital USNS Comfort afin d'aider les secours présents sur le site du World Trade Center. Ainsi le navire fournit la nourriture et l'aide nécessaire aux dix-mille sauveteurs, volontaires et ouvriers qui œuvraient à la recherche de rescapés. Bien que la mission principale du USNS Comfort fût d'ordre logistique, le navire a accueilli près de 600 blessés.

 

Secouristes du Fire department sur le site du World Trade Center.

 

Article principal : Effondrement des tours du World Trade Center.

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