Crazy Heart

 


Crazy Heart débarque un peu de nulle part, ou n’était en tout cas pas très attendu. Le film a commencé de faire parler de lui à la faveur de ses prix remportés aux Golden Globes et fait maintenant figure d’outsider pour la prochaine cérémonie des Oscars (3 nominations).

Une ancienne gloire qui continue de vivre  sur son prestige passé et rencontre une jolie femme plus jeune que lui, un peu paumée, et avec qu’il entame une relation… Cela ne vous rappelle rien ? Le scénario de Crazy Heart est cousu de fil blanc, semble t’il. On a l’impression d’un film déjà vu cent fois, d’autant que The Wrestler est sorti il y a tout juste un an et fonctionne de façon presque semblable.

Jeff Bridges incarne une vielle star de la musique country. Il est fauché, ne joue plus que dans les bowlings et les saloons, et enquille les bouteilles de whisky. L’acteur interprète un personnage blasé et qui rappelle presque instantanément celui que Bridges incarnait déjà dans The Big Lebowski – mais le bowling y est peut-être pour quelque chose. Bad Blake est cependant un personnage attachant, touchant même, et la musique country finit de rendre le film vraiment agréable.

Au bout d’une heure, on s’inquiète cependant de la tournure des évènements. Blake à un accident qui va remettre en question ses habitudes. Là, Scott Cooper commence vraiment à empiler les clichés et on se dit alors que le film ressemble de plus en plus à The Wrestler, avec un Jeff Bridges quand même moins impressionnant que Mickey Rourke, une réalisation sans personnalité, et la sensibilité particulière d’Aronofsky en moins. La frustration gagne alors du terrain et le film ennuie tant il fonctionne selon des codes connus par coeur.

Et pourtant, mine de rien, en continuant de dérouler son histoire très tranquillement, Scott Cooper réussit à prendre les attentes à contre-pieds. Cela reste relatif mais, étant donné le chemin emprunté, on apprécie que Cooper s’en détourne un peu, qu’il évite le pathos et les séquences à grande charge émotionnelle que l’on s’imaginait devoir subir in fine. On reste alors sur un bon sentiment, celui d’un petit film humble, et bien emballé.

Le portrait de ce chanteur est finalement assez beau, bien servit par un Jeff Bridges qui nous parait mériter du coup les honneurs accordés par les Golden Globes et les Oscars. Pour peu que l’on soit sensible à la musique country (ce qui est mon cas), le film est d’autant plus plaisant…

Benoît Thevenin

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