La langue niçoise

La langue niçoise, le nissard, nissart, niçard ou encore niçart (selon la graphie), est un dialecte d'oc et constitue l'une des quatre composantes majeures des langues dites provençales (le rhodanien, le maritime, le nissart et le gavot). Il se subdivise en trois sous-groupes : le royasque, parlé dans la haute vallée de la Roya, le gavot, parlé dans les moyennes et hautes vallées de la Vésubie, de la Tinée, du Var et de l'Estéron (ainsi que dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes et les vallées occitanes du Piémontjusqu'à Cuneo), et le maritime, qui était parlé sur le littoral228. Le royasque constitue la transition linguistique entre les parlers occitans et l'ensemble linguistique ligurien et piémontais, tandis que le gavot et le maritime relèvent de l'ensemble linguistique d'oc. Le niçard urbain a connu une série d'apports provenant de son arrière-pays. Il contient donc différentes strates, liées au gavot et au maritime. Issu du provençal médiéval (la langue des troubadours), le dialecte niçois a subi l'influence du piémontais à partir de1388, date de la dédition de Nice à la Savoie. Après 1860, il est refrancisé sous l'égide de l'Acadèmia Nissarda, une société savante composée de notables et d'érudits locaux, fondée en 1898 et qui dispose d'une revue, Nice-Historique.

Le niçois est le nom donné à l'occitan parlé à Nice et dans quelques communes avoisinantes du comté de Nice. Par extension, ce mot peut aussi désigner l'ensemble des dialectes occitans utilisés dans les Alpes Maritimes : le provençal maritime à l'ouest, le niçois à proprement parler à Nice et les environs adjacents, le provençal alpin (appelé également gavot ou vivaro-alpin) dans le nord (haut-pays).

En niçois aussi nissart ou niçart [niˈsaʀt].

Origine

Les peuplades ligures qui occupaient le territoire actuel du Comté de Nice avant l'arrivée des Phocéens parlaient un langage d'origine indo-européenne3. Les Grecs qui s'installèrent n'eurent vraisemblablement que peu d'influence sur ce langage en raison du fait qu'ils ne se mêlaient pas à la population locale habitant l'intérieur des terres, et occupaient uniquement l'actuelle colline du Château de Nice. C'est l'arrivée des Romainsqui modifia le langage des autochtones. Celui-ci se mélangea peu à peu au latin ce qui fut à l'origine de l'occitan en général et du dialecte niçois en particulier.

Pour l'intellectuel niçois Pierre Isnard, qui fut membre de l'Acadèmia Nissarda, le niçois était donc au départ très proche des autres langues romanes, y compris de l'ancêtre de la langue d'oïl. Ainsi, le texte des Serments de Strasbourg datant du ixe siècle et qui constitue l'une des premières traces écrites de ce qui sera à l'origine de la langue d'oïl puis du français, montre une très importante proximité avec le niçois, plus qu'avec le français moderne.

Classification

Le niçois est classé par beaucoup de linguistes comme une variété de la langue occitane. La démonstration scientifique de cette classificaction a été établie notamment dans la thèse de Jean-Philippe Dalbera, aujourd'hui professeur de linguistique à l'Université de Nice et directeur du programme Thesaurus occitan. Selon Dalbera, le comté de Nice se compose de trois grandes aires :

  • le niçois, à Nice et ses environs immédiats, se rattache à l'occitan.
  • le gavot, s'étendant dans la zone alpine et jusqu'à Menton (voir mentonasque), se rattache au dialecte occitan vivaro-alpin (également appelé provençal alpin).
  • le royasque, dans la vallée de la Roya, forme un parler de transition vers le ligure.

L'appartenance du niçois à l'occitan ou langue d'oc est un fait établi par la communauté des linguistes et des universitaires et par plusieurs associations culturelles niçoises.

Les Niçois appellent leur langue « niçois » : certains d'entre eux ne font presque jamais référence aux autres parlers occitans ou provençaux et ne reconnaissent pas la filiation du niçois à l'occitan; d'autres au contraire affirment que le niçois est une forme particulière de l'occitan et du provençal.

Ainsi l'intellectuel niçois Pierre Isnard dans son ouvrage intitulé Considérations sur le dialecte niçois et le rattachement à la France, écrit en 1960 que le niçois est issu du latin vulgaire de la même manière que toutes les langues romanes, mais qu'il est, de par son « archaïsme », un « ancêtre ou au moins un frère aîné » de celles-ci. Selon lui, le niçois est resté beaucoup plus proche du latin dont il est issu, que les différentes variétés de l'occitan qui ont à l'inverse fortement évolué, même s'ils ont tous, niçois et occitan, la même origine.

Le grammairien niçois du xvie siècle Honoré Drago, parle en 1535 du niçois comme d'un tout autre langage que le provençal. Il fut chargé par un lieutenant de l'empereur Charles Quint, Alphonse Davallo, d'établir un traité de phonétique et de vocabulaires provençaux. Rendant son travail avec beaucoup de retard, il explique la « trop grande difficulté de l'entreprise » par le fait que le niçois et le provençal se sont tellement modifiés que les auteurs des siècles précédents qui écrivaient dans ces langues auraient eu du mal à les comprendre.

Pierre Isnard affirme également dans son ouvrage que la volonté d'assimilation du niçois au provençal cache des arrière-pensées politiques. Il explique ainsi qu'après l'annexion du comté de Nice à la France en 1860, le gouvernement français a favorisé cette assimilation afin de mieux intégrer le pays niçois à la France. Ainsi il encouragea la création de la « Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes » en 1861. Isnard raconte que la revue de cette Société publia une étude d'un de ses membres, Alexandre Sardou, qui affirmait que le niçois n'était qu'une sorte de provençal altéré par la graphie pseudo-italienne. Isnard indique aussi qu'à cette époque la lecture des œuvres de l'auteur provençal Frédéric Mistral et des troubadours était encouragée alors que le niçois était « méprisé et proscrit ». Selon Isnard, le Trésor du Félibrige écrit par Frédéric Mistral pour tenter d'unifier tous les dialectes de langue d'Oc dont le niçois pour lui faisait partie, comporte des erreurs sur des mots niçois qui prouvent que le niçois et le provençal sont deux langues distinctes.

Les conceptions de l'intellectuel niçois Pierre Isnard, qui fut membre de l'Acadèmia Nissarda, sont contestées par les linguistes et par certains spécialistes du niçois, comme André Compan.

La revue Lou Sourgentin, une revue culturelle bilingue français-niçois, indique que le niçois « occupe une place bien définie, à parité avec les autres langues dans ce que l’on pourrait appeler l’aire de langue d’oc ». Et elle rajoute : « Qu’il semble loin le temps où, sous de faux prétextes unitaires, d’éminents linguistes ne voyaient dans le nissart qu'un patois provençal, lui déniant toutes les qualités d’une langue spécifique ».

La classification et la comparaison entre le niçois et le provençal devient plus ardue, si l'on prend en compte le fait que le provençal se décline en plusieurs variantes: le rhodanien, le maritime et l'alpin. Ainsi, selon le cas, le niçois partage plus de traits communs avec l'alpin qu'avec le maritime ou inversement.

Au delà de ce débat passionné qui ressemble parfois à une querelle de clocher, on peut aujourd'hui affirmer raisonnablement que le niçois et le provençal modernes sont deux expressions linguistiques très voisines d'un même courant linguistique qu'est la langue d'Oc.

Directement issu de l'occitan médiéval et longtemps préservé des influences françaises par la dédition de 1388, le niçois contemporain a perpétué les traits du provençal archaïque. En ce sens, le niçois représente une forme très originelle et pure de la langue des troubadours.

Les noms du niçois

En niçois les habitants de Nice ( Nissa ou Niça ) se désignent par le gentilé niçard, niçarda (norme classique) ou bien niçart niçarda (nissart nissarda) (norme mistralienne). La graphie la plus populaire, la plus vulgarisée, la plus utilisée aujourd'hui étant Nissa.

Quelle que soit la graphie utilisée, on prononce dans tous les cas [niˈsaʀt(e), niˈsaʀda].

Dans la forme masculine [niˈsaʀt(e)], le [t] est le résultat d'un assourdissement d'un d en finale. L'adjonction facultative d'un son [e] final d'appui, après [t] final, est une particularité de la phonétique niçoise (mais ce [e] n'a pas de valeur phonologique et n'est pas noté dans l'orthographe, qu'elle soit classique ou mistralienne).

Il existe des variantes graphiques innombrables en raison des difficultés à véhiculer une norme linguistique stable: avec -ç- ou -ss-, avec -d ou -t (voire -te). Le ç est une graphie préconisée par Frédéric Mistral par exemple. Georges Castellana indique lui aussi : « Nice : Niça ; lu Niçart ».

En français, pour qualifier les habitants de Nice , le gentilé habituel est niçois . Nissart et niçard s'emploient depuis peu en français, pour désigner tout ce qui a trait aux traditions et aux gens qui parlent la langue de Nice du comté de Nice, une forme de renaissance de cette culture ou d'usage folklorique.

Normes, graphies, standardisation

Le niçois peut utiliser deux normes :

  • La norme classique, qui privilégie les traditions autochtones de la langue. Elle a été développée par Robert Lafont (Phonétique et graphie du provençal, 1951 ; L'ortografia occitana, lo provençau, 1972) puis Jean-Pierre Baquié (Empari lo niçard, 1984).
  • La norme mistralienne, plus proche des habitudes écrites du français. L'utilisation de cette dernière est liée au contexte historique, avec le rattachement du Comté de Nice à la France en 1860. Elle est régie en principe par le Félibrige mais il existe aussi uneAcadèmia Nissarda.

Des graphies italianisantes ont existé mais elles ont été abandonnées suite au rattachement de Nice à l'empire français. C'est Joseph-Rosalinde Rancher, grand auteur classique niçois qui se pose en 1830, dans son oeuvre la Nemaiada, la question de la graphie, bien avant Mistral. Il est normal qu'aujourd'hui on la qualifie d'« italianisante » puisque Nice appartenait à cette époque au Royaume de Piémont-Sardaigne.

Tenu à l'écart pendant près d'un demi-millénaire de l'évolution linguistique des autres parlers occitans influencés par la domination française, le niçois a gardé une forme archaïque, autrefois partagée par le provençal. Ainsi Pierre Isnard parle du niçois comme d'un « îlot, pur roman, au milieu d’un véritable océan de parlers, certes de même origine, qui l’entourent et cherchent à l’engloutir ».

Enseignement

Des milliers de jeunes et d'adultes prennent des cours de niçois, sans être nécessairement d'origine niçoise. Il s'agit le plus souvent d'options facultatives dans le cadre universitaire destinées à compenser un déficit de points dans les autres matières. Le niçois à l'école est enseigné à l'école primaire et secondaire, avec option au baccalauréat (école Calandreta de Drap, cours optionnels dans l'enseignement public, une heure par semaine au lycée Masséna). Il y aurait actuellement 1 500 lycéens qui apprennent le niçois. Les moyens accordés à l'enseignement du niçois sont jugés nettement insuffisants par certaines associations de promotion de la culture niçoise et par les enseignants. Ces derniers soulignent la faiblesse du nombre d'heures de cours consacrées au niçois et le manque de postes de professeurs. Ainsi, seulement 0,0625 % des heures totales de cours dans l'académie de Nice seraient consacrées au niçois, soit cent heures. De plus, il n'y aurait que dix enseignants de niçois dans cette même académie, alors qu'il y a 90 enseignants de corse dans l'académie de Corse, 70 professeurs d'occitan dans l'académie de Montpellier et près d'une centaine dans l'académie de Toulouse.

Présence culturelle, littérature, musique

Le niçois est l'objet d'une présence culturelle constante, avec des créations littéraires et de la chanson.

  • Théâtre : Francis Gag, théâtre Barba Martin, théâtre de la Ciamada nissarda, Serge Dotti, Raoul Natiez.
  • Poésie : Joseph-Rosalinde RancherFrançois Guisol, Eynaudi, Alan Pelhon, Jan-Luc Sauvaigo.
  • Prose : Bertran dau pujet, Raymon Ferraud, Reinat Toscano, Joan Badat, Francés Pelós (xve siècle) puis Fulconis (xvie siècle) ont fait imprimer des traités de mathématiques en niçois.
  • Musiques,Chansons : Jouan NicolaMenica Rondelly, Louis Génari, Eugène Emmanuel, Jan-Luc Sauvaigo, Mauris, Christian Bezet, Nux Vomica, L'Ontario, Dédé Trucchi, Gigi de Nissa.
  • Mélonious quartet sous la direction de Patrick Vaillant, L'As Pagat lou CapeùCorou de Berra sous la direction de Michel Bianco (chant polyphonique), Bachas, les Mourtairets, li Banés,Paure nautre, li Rauba Capeu, Li Barragnas.
  • Ouvrages pour apprendre le nissart :
    • L'épreuve de nissart au baccalauréat, écrit par Jean Phillipe Figheira
    • Pràtica e gramàtica par Jacques Chirio
    • Lou Nissart a l'escola, éditions Lou Sourgentin

Revues

  • Lou SourgentinLa Ratapinhata Nòva (années 1980), La Beluga, "L'Estrassa"...

Bibliographie

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