Patrimoine architectural

De par son passé, Nice possède un riche patrimoine architectural. Au cours de la période savoyarde, plusieurs palais et hôtels particuliers ont été construits, ainsi que des églises de style baroque. À la Belle Époque, la ville s'est enrichie de nombreuses villas et d'hôtels.

Bâtiments et lieux publics remarquables

Article détaillé : Architecture et urbanisme à Nice.

La promenade des Anglais est, pour le monde entier, le symbole de la ville. Nice possède un nombre important de places. Beaucoup sont situées dans la vieille-ville, comme la place Saint-François, la place Garibaldi ou lecours Saleya. La place du Palais de Justice, ancienne place Saint-Dominique, et la place de la Préfecture, créée au xixe siècle, sont également situées dans la vieille-ville. La majorité des autres places de la ville ont été dessinées au xixe siècle et sont situées en bordure ou hors du Vieux-Nice. C'est le cas de la place Charles-Albert et de la place Masséna ou de la place de la Croix de Marbre. La place Arson, entre la rue Caïs de Pierlas et la rue Arson, constitue depuis la fin du xixe siècle un lieu privilégié pour le jeu de boules.

Nice a conservé par ailleurs peu de traces de son passé militaire, hormis le fort du mont Alban, Elle a gardé, en revanche, un certain nombre de bâtiments intéressants datant de l'époque moderne, comme le Palais communal de Nice, le Palais du Sénat de Nice, ou le Palais de la Préfecture de Nice, qui accueillait autrefois les souverains de Savoie lors de leur séjour à Nice.

Plusieurs monuments et statues commémorent des évènements ou des personnages liés à l'histoire de la ville, comme la Croix de Marbre, la colonne du pape, ou le monument des Serruriers. La ville possède aussi un certain nombre de statues. Les plus connues sont la statue de Charles-Félix, la statue de Masséna et la statue de Garibaldi. On peut citer aussi le monument à la reine Victoria, le monument aux morts de Rauba-Capeù, et le monument 

 

                     

 

 

 

Palais, châteaux, villas et hôtels particuliers

La présence de familles de notables assez puissantes, puis celle des hivernants, ont doté la ville d'un riche patrimoine de résidences privées.

Certaines de ces demeures se trouvent sur les collines qui entourent Nice. Le château de Bellet est ainsi situé dans le quartier de Saint-Roman-de-Bellet. Il date du xvie siècle. Il appartient à une famille d'aristocrates niçois originaires de Savoie, les Roissard de Bellet. Le château a été agrandi au xixe siècle et restauré deux fois au xxe siècle. Il se situe aujourd'hui au milieu des vignes qui produisent le vin de Bellet. Le domaine abrite aussi une chapelle néo-gothique du xixe siècle. Dans le vignoble de Bellet, se trouve également le château de Crémat, bâti en 1906 et de style moyenâgeux.

Le musée Matisse était à l'origine une villa, construite au xviie siècle à Cimiez par Jean-Baptiste Gubernatis, consul de Nice. Son style est caractéristique de celui des riches demeures génoises. La villa, baptisée palais Gubernatis, est vendue en 1823 à un aristocrate niçois, Raymond Garin de Cocconato. Elle appartient ensuite à une société immobilière puis est rachetée par la ville de Nice, en 1950. Le palais devient alors la villa des Arènes et est aménagé pour accueillir le musée Matisse, qui ouvre en 1963, et le musée d' archéologie. Le bâtiment a été rénové de 1987 à 1993.

Certains palais se situent dans le Vieux-Nice. Le palais Lascaris, situé rue Droite, dans la vieille ville, a été construit entre 1648 et le début du xviiie siècle pour le maréchal Jean-Baptiste Lascaris-Vintimille, neveu du 55e grand maître de l'ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte. Ses descendants, les comtes de Peille, ont achevé la construction du bâtiment. Il s'agit d'un palais baroque, dont l'architecture et la décoration montrent l'influence génoise. Le palais abrite aujourd'hui un musée consacré aux arts décoratifs et aux arts et traditions populaires.

Plusieurs bâtiments ont été construits pour de riches familles niçoises. Le palais Marie-Christine, place de la Croix-de-Marbre, a été construit au xixe siècle, de 1800 à 1887. Il a été édifié pour les Saïssi de Châteauneuf et a accueilli de nombreuses personnalités dont, en 1842, la reine Marie-Christine, veuve du roi de Sardaigne Charles-Félix. Son style est néo-classique.

Le palais Masséna, rue de France, date de 1899. Il a été commandé par Victor Masséna et réalisé par Hans-Georg Tersling, architecte de l'impératrice Eugénie. Il s'inspire de la villa Rothschild deCannes. Le style est néo-classique, Louis XVI et Empire. En 1920, la ville achète le bâtiment pour en faire un musée d'art et d'histoire locale. Parmi les autres palais célèbres de la ville, on peut citer lepalais de Marbre, construit à Fabron vers la fin du xixe siècle et abritant aujourd'hui les archives communales de Nice, et le palais Maeterlinck, un ancien palace du Cap de Nice.

La plupart des châteaux du xixe siècle ont été construits pour des hivernants, français ou étrangers. Le château de l'Anglais a été construit en 1857 par et pour Robert Smith, ancien colonel anglais. C'est le premier château construit à Nice par un hivernant. Il est un pastiche des palais de Jaipur. Le château Valrose a été construit en 1867 par l'architecte David Grimm pour un riche hivernant russe, Paul Von Derwies. Il est de style néo-gothique et abrite aujourd'hui la présidence de l'université de Nice Sophia-Antipolis Le château Sainte-Hélène a été construit au xixe siècle pour le directeur du casino de Monte Carlo, François Blanc. Il a appartenu ensuite au parfumeur François Coty, avant de devenir le musée international d'Art naïf Anatole-Jakovsky, en 1982.

                  

                                                                                                             

                  La façade du palais Lascaris de                                                   Détail du Château de l'Anglais                                                     Vieux-Nice                                                                                                                                                                                                                             


 

Cafés, anciens palaces et hôtels

Plusieurs établissements liés au passé touristique de la ville existent depuis le xixe siècle et sont toujours exploités, plus ou moins transformés.

Le café de Turin, situé place Garibaldi, est un des cafés les plus connus de la ville. Fondé au xixe siècle, il était à l'origine un lieu de rencontre des immigrés piémontais. La pâtisserie Auer, rue Saint-François-de-Paule, ouverte en1860, témoigne du style rococo, très à la mode à cette époque. La Trappa, rue Malonat, fondé en 1886, était à l'origine un restaurant de pêcheurs.

Le patrimoine hôtelier, dû à l'essor de l'activité touristique dans la seconde moitié du xixe siècle, est considérable, de nombreux établissements ayant notamment été construits à la Belle Époque. Des palaces ont disparu (généralement transformés en copropriétés résidentielles), mais plusieurs grands hôtels ont été restaurés et modernisés dans la seconde moitié du xxe siècle.

L'ancien hôtel Regina avait été construit sur la colline de Cimiez en 1896, par l'architecte niçois Sébastien Marcel Biasini. La couronne en fer forgé de son aile gauche fut réalisée selon les plans de François-Félix Gordolon. Le gigantesque Regina, qui comptait 400 chambres et suites, hébergea la reine Victoria, sa petite cour et son personnel pléthorique (la souveraine, éprise de Nice depuis 1895, assista à son inauguration en 1897). Transformé en appartements privés dans les années 1930, il a été habité par Henri Matisse.

L'ancien hôtel Alhambra, sur le boulevard de Cimiez, fut édifié en 1900 par Jules-Joseph Sioly. Cet architecte, aussi connu pour le Palais Lamartine aux fastes second Empire (rue Lamartine), livra ici l'un des rares exemples niçois du style Art mauresque124. Il a aussi été transformé en résidence d'habitation.

Plusieurs grands établissements hôteliers se sont construits le long de la promenade des Anglais. L'hôtel West-End, à l'origine Hôtel de Rome, avait été bâti en 1842 par des aristocrates anglais. Agrandi et embelli par la suite, c'est le plus ancien des grands hôtels de la promenade des Anglais. À proximité, se trouve depuis 1878, l'hôtel Westminster et sa façade rose pâle.

Non loin de là, Le Negresco fut édifié en 1912 par Edouard Niermans, pour l'ex-cuisinier et maître d'hôtel roumain Henri Negresco, que finançaient de richissimes gastronomes, ses clients, lorsqu'il exerçait au Grand cercle de Nice. Le style extérieur est néo-Louis XVI. L'intérieur est en grande partie de style « Second Empire tardif ». Sa partie noble, rénovée par Paul et Jeanne Augier, est classée (façades) à l'inventaire des monuments historiquesdepuis 1975.

Le palais de la Méditerranée, également sur la promenade des Anglais, avait été construit en 1927-1928 par Charles et Marcel Dalmas. Sa façade est décorée de figures féminines et de chevaux marins sculptés par Antoine Sartorio. L'ensemble, qui abritait un casino et un théâtre, fut inauguré en 1929130. Victime de difficultés financières, il ferma en 1978131. La façade Art déco fut sauvée in extremis de la démolition en 1990. Une décennie plus tard, le bâtiment est entièrement reconstruit. Il est inauguré en janvier 2004 et comporte aujourd'hui un hôtel de luxe, un casino et une salle de spectacle

 

                                                                           

        palais de la Méditerranée                                  Le café de Turin sur la place Garibald              

Bâtiments religieux

Article connexe : Liste des édifices religieux de Nice.

La ville conserve un nombre important de bâtiments religieux, caractéristiques de la piété baroque. Le plus ancien est l'église Notre-Dame de Cimiez, qui a été construite vers 1450, puis remaniée aux xviie et xixe siècles. D'abord propriété des moines bénédictins deSaint-Pons, elle est ensuite cédée aux franciscains, en 1546. Ces derniers y développent les pèlerinages à Marie. L'église abrite trois rétables de Louis Bréa (xve et xvie siècless).

La ville possède surtout un nombre élevé d'édifices religieux baroques italiens. Parmi eux, l'église Saint-Jacques-le-Majeur, ou du Gesù, située rue Droite, date de 1607. Elle a d'abord appartenu auxJésuites puis est devenue le siège de la paroisse Saint-Jacques. Sa façade montre le début de l'influence du baroque romain à Nice. Elle a été remaniée au cours de la première moitié du xixe siècle. Son clocher date du xviiie siècle. Son plan et son architecture s'inspire de l'église du Gesù créée par Vignole à Rome. La cathédrale Sainte-Réparate, place Rossetti, a quant à elle été construite à partir de 1650 par l'architecte Jean-André Guibert. L'église est mentionné dès le xie siècle. Elle est à l'origine un prieuré de l'abbaye de Saint-Pons et elle est promue cathédrale au xvie siècle, en remplacement de Sainte-Marie-du-Château. La cathédrale est reconstruite au milieu du xviie siècle, de 1650 à 1680 environ. L'église est inspirée par les modèles architecturaux romains du début du baroque (Vignole, Maderno). Le campanile a été construit au xviiie siècle. Parmi les autres bâtiments religieux baroques, on trouve l'église Saint-Martin-Saint-Augustin, située place Saint-Augustin. Elle date de la fin du xviie siècle mais n'est terminée que dans les années 1830. Elle est desservie par des Augustins. Sa façade est de style néoclassique. La chapelle Saint-Jaume ou Saint-Jacques-le-Majeur ou Saint-Giaume ou Sainte-Rita, aussi connue sous le nom d'église de l'Annonciation, du xvie siècle a été classée monument historique le 3 février 1942. Enfin, l'église Saint-François-de-Paule, dans la rue éponyme, est de style baroque piémontais tardif, mais la façade est néoclassique1. Elle date du xviiie siècle tout comme la chapelle Saint-Aubert à façade de style baroque.

L'église du Vœu, située quai Saint-Jean-Baptiste, a été construite en 1840-1853 par l'architecte Carlo Mosca. Elle a été érigée pour remercier la Vierge d'avoir sauvé la ville d'une épidémie de choléra. Elle est considérée comme étant la plus belle église de cette période, grâce à l'utilisation de volumes simples. L'église Notre-Dame-du-Port a été construite en 1840-1853 selon les plans de l'architecte Joseph Vernier. La façade a été rajoutée au 1896 par Jules Fèbvre.

Les confréries de pénitents ont également marqué le paysage religieux. La chapelle Sainte-Croix de l'archiconfrérie des pénitents blancs, située rue Saint-Joseph, a d'abord été construite par lesMinimes, à partir de 1633. Elle est ensuite achetée par l'archiconfrérie des pénitents blancs de la Sainte-Croix, qui la fait redécorer dans la seconde moitié du xviiie siècle par l'architecteAntoine Spinelli. Sa façade est dans le style du xviie siècle. La chapelle de l'archiconfrérie de la Très Sainte-Trinité et du Saint-Suaire, située rue Jules Gilly, à côté de l'ancien Sénat, date quant à elle du xviie siècle. Modifiée au xviiie siècle par l'architecte piémontais Gio-Battista Borra, elle appartenait à la confrérie des pénitents blancs du Saint-Suaire, qui a été fondée à Nice en 1620. Elle est de style néoclassique. Deux autres confréries s'y installent, les pénitents blancs du Saint-Esprit et les pénitents rouges, avant que les trois confréries ne fusionnent et deviennent l'archiconfrérie de la Très-Sainte-Trinité. Parmi les autres chapelles de pénitents, on trouve la chapelle de la Miséricorde de l'archiconfrérie des pénitents noirs, située cours Saleya et datant du xviiie siècle. L'architecte était Bernardo Antonio Vittone. Elle devient propriété des pénitents noirs en 1829. Enfin, la chapelle du Saint-Sépulcre de l'archiconfrérie des pénitents bleus, œuvre d'Antoine Spinelli, située place Garibaldi est de style néoclassique et date de la fin du xviiie siècle.

 

 

Article détaillé : Confrérie de Pénitents

Le rattachement du comté de Nice à la France entraîna la construction d'édifices religieux de style gothique. Ainsi, entre 1864 et 1868, avenue Jean-Médecin, est érigée la basilique Notre-Dame à partir des plans de l'architecte français Louis Lenormand. Elle est inspirée de la cathédrale d'Angers et comporte une grande rosace entourée de deux tours carrés de 65 mètres.

La présence d'hivernants étrangers à Nice à partir de la deuxième moitié du xixe siècle entraîna la construction de nouveaux lieux de cultes. C'est ainsi que l'installation d'une colonie russe dans la ville requit la création d'églises orthodoxes. La première église russe, l'église Saint-Nicolas-et-Sainte-Alexandra, située rue de Longchamp, a été construite en 1858 par l'architecte Antoine-François Barraya. En 1912, boulevard Tzarévitch, est ensuite édifiée la cathédrale orthodoxe russe Saint-Nicolas. Elle est située dans le parc où est mort le tsarévitch Nicolas Alexandrovitch en 1865. La chapelle est élevée à l'emplacement de la chambre où est mort le prince héritier. L'église est de style « vieux russe ». Son architecte, Preobrajensky, a également construit le château Valrose.

De la même manière, la présence d'Anglais à Nice conduisit à l'édification d'une église anglicane dans le quartier de la Buffa, inspirée de la King's College Chapel de l'université de Cambridge.

La forte implantation de l'église vaudoise dans le Piémont et l'adoption en 1848 du Statut albertin par le Royaume de Piémont-Sardaigne qui donnait la liberté religieuse à cette église, entraîna la construction en 1855 du temple vaudois, rue Gioffredo. C'est un des premiers édifices religieux construit à Nice par une communauté religieuse non catholique. Il est de style antique et accueille aujourd'hui une salle des ventes. D'autres lieux de culteprotestants ont été construits à Nice. Ainsi, l'église réformée du boulevard Victor-Hugo date de 1887. Elle a été créée pour la communauté américaine qui, devenue trop peu nombreuse, la vend en 1974 au culte réformé vaudois. Son architecture est de style néogothique nordique.

Parmi les églises bâties au xxe siècle, l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, rue Grammont, est typique de l'architecture des années 1930. Elle a été réalisée par l'architecte Jacques Droz, et achevée en 1933. L'église Notre-Dame-Auxiliatrice, place Don Bosco, est la plus vaste du diocèse. Elle est de style Art déco.

En dehors des lieux de culte chrétiens, on peut citer la synagogue de Nice, construite en 1885 dans le centre-ville, et rénovée en 1988.

 

 

La tour Saint-François fut le clocher

     d'un couvent franciscain

L'église Saint-François-de-Paule

      dans le Vieux-Nice

La cathédrale orthodoxe

russe Saint-Nicolas

 

 

 

 

 

 

 

 

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