H. G. Wells

Herbert-George WELLS : Biographie

 

Herbert George Wells : un des précurseur de la science-fiction

Né en 1866, Herbert George WELLS est aujourd’hui connu comme un précurseur de la Science-Fiction. Avec des romans universellement connus comme L’Homme Invisible, La Guerre des Mondes ou La Machine à Explorer le temps, il a en effet initié des pans entiers de ce genre si populaire aujourd’hui.

Mais Wells fut pas uniquement l’écrivain prolixe et souvent visionnaire que nous connaissons ; il fut aussi un penseur et un utopiste reconnu et respecté à son époque. Il a cherché par tous les moyens (écrits, engagement politique) à promouvoir l’idée d’un Etat Mondial, gouverné par une élite, où la Science et l’Education ferait progresser l’Humanité,garantissant la paix et le développement d’une société plus juste. La deuxième guerre mondiale aura raison de ses espoirs. Il décédera en 1946, en laissant une dernière œuvre très pessimiste.

   

 

Une enfance vécue dans la pauvreté

   
 

Lorsque Herbert George Wells naît le 21 Septembre 1866 à Bromley (dans le Kent, Angleterre), il est le cadet d’une famille de quatre enfants, dont les parents se sont efforcés – sans succès – d’échapper à leur condition ouvrière (son père, Joseph, était auparavant jardinier et sa mère, Sarah, domestique à Uppark).

Bien que n’ayant jamais vécu dans le dénuement le plus complet, Wells a connu dès sa plus tendre enfance une grande pauvreté. En effet, l’affaire dans laquelle se sont lancés ses parents, un magasin de porcelaine acheté suite à un maigre héritage, ne rapporte que peu d’argent et seuls les revenus du père en tant que joueur de cricket permettent alors au foyer de garder la tête hors de l’eau. Mais cela ne dure pas longtemps, Joseph devant abandonner les terrains suite à une chute en 1877.

Sarah doit alors à nouveau travailler et le jeune Herbert se voit lui très tôt confronté au monde du travail. Il devient ainsi apprenti drapier, métier qu’il abhorre et qu’il devra exercer deux ans (de 1880 à 1883) à Windsor et à Southsea . Il fut également très brièvement apprenti chez un pharmacien.

 

La genèse d’un écrivain

 
   

Renvoyé par son patron, Wells devient en 1883 assistant-enseignant à la Midhurst Grammar School. Un an plus tard, à l’âge de 18 ans, il décroche, et c’est là sa chance, une bourse pour la Normal School of Science (aujourd’hui connue sous le nom de Royal College Of Science in Kennsington), qui lui permet de sortir de l’impasse intellectuelle dans laquelle il était enfermé.

Une fois à Londres, il choisit d’étudier la biologie. Cette période de sa vie aura une grande influence sur ses écrits. Son professeur de biologie notamment, T.H. Huxley  « convertira » Wells à la théorie de l’évolution de Darwin, dont il était un fervent partisan. Wells défendra en effet à plusieurs reprises les théories de l’évolution dans ses œuvres (La machine à explorer le temps et l’île du Docteur Moreau en sont deux exemples). C’est également à cette époque que Wells commence à s’intéresser à la réforme de la société et qu’il adopte des idées socialistes.

En 1897, suite à un tragique accident sur un terrain de football, Wells perd un rein. Il devient alors semi-invalide. Simultanément, son intérêt pour les études décroît, à tel point que qu’il les abandonne sans avoir obtenu son diplôme . Certains spécialistes affirment que sa résolution de devenir écrivain date de cette époque.

Démuni (il a perdu sa bourse suite à l’abandon de ses études), il loge chez sa tante Mary, dont il finira par épouser la fille, sa cousine Isabelle, en 1891. Il enseigne alors dans diverses écoles privées jusqu’en 1893, année à partir de la quelle il peut enfin vivre entièrement de sa plume.

Herbert George Wells pendant ses études de biologie

   

 

Un auteur prolifique et visionnaire à l’origine de la Science-Fiction moderne

 
   

 

Wells devant sa maison de Sandgate (Angleterre)

 

 

 

Il publie en effet son premier livre cette année là : un manuel de biologie (Textbook of Biology). Au même moment son mariage avec Isabel commence à battre de l’aile et, dès 1894, Wells la quitte pour une de ses anciennes élèves, Amy Catherine Robbins, avec laquelle il convole en secondes noces en 1895 .

En 1895, il publie également son premier roman de science-fiction  La machine à explorer le temps (The Time Machine : An Invention), racontant les aventures dans le futur d’un « voyageur du temps ». Ce roman s’inspire d’une histoire que Wells avait publié en trois parties dans le journal de son école, The Science School Journal , sous le titre The Argonauts Chronic.

Suivent alors les la série des « romans scientifiques » comme la critique d’alors les a qualifiés : L’île du Docteur Moreau (1896), L’Homme Invisible (1897), le célèbre La Guerre des Mondes (1898) ou encore Les premiers hommes dans la Lune (1901).

Ces romans sont les précurseurs de nombreux thèmes qui ont fait et font encore aujourd’hui les beaux jours de la science-fiction : le voyage dans le temps, les confrontations de l’Homme avec des civilisations extraterrestres, les voyages interplanétaires…

Sa production littéraire est également marquée par un nombre important de nouvelles (plus de 80) publiées pour la plupart entre 1894 et 1897 et dont les plus connues de sont Le Pays des Aveugles (1904), Un Rêve d’Armaggeddon (1901) ou encore La Porte dans le Mur (1906). Selon ses propres termes, à cette époque :

« La vie bouillonnait de nouvelles, il m’en venait toujours une à l’esprit. »

Certains de ses romans d’anticipation sont indéniablement visionnaires. On citera The Land Ironclads (1903), dans lequel Wells prévoit avec acuité l’importance des blindés dans les guerres futures, et La guerre dans les airs (1908), où il imagine un conflit mondial où l’aviation donne un avantage décisif. Mais sa vision la plus prophétique est sans conteste celle qu’il a de la bombe atomique. Il écrit en effet dans The World Set Free (1914) :

« Rien n’aurait dû sembler plus évident aux gens du début du XXème siècle que la vitesse à laquelle la guerre devenait impossible. Ils ne l’ont pas vu… jusqu’au moment où les bombes atomiques ont explosé dans leurs mains maladroites. »

   

 

H.G. Wells : une vision critique de l’Angleterre victorienne

 
   

L’œuvre de Wells ne se cantonne pas à l’anticipation et à la science-fiction. Il a en effet également écrit des romans à portée sociologique et politique. Ces romans sont en général moins connus du grand public mais donnent à l’écrivain une autre dimension.

A travers certains de ses romans, H.G Wells a dépeint la société victorienne de manière très critique. Citons La burlesque épopée du cycliste (1896), L’amour et monsieur Lewisham (1900), ou encore L’histoire de M. Polly (1910) qui décrivent de manière satirique une société fermée dont le carcan étouffe ceux qui souhaitent s’en affranchir.

L’oeuvre qui lui valut un énorme succès critique, et qui est considéré par beaucoup comme le meilleur roman de Wells, fut Tono-Bungay (1909). Le roman est la chronique d’un jeune apprenti pharmacien  dont l’oncle est l’inventeur d’un médicament inefficace, mais qui est un immense succès marketing. Cette satire de la crédulité et de l’avarice permit à Wells d’obtenir, enfin, une vraie reconnaissance littéraire.

 

 

Herbert George Wells : un utopiste engagé

 
   

Cette vision très critique de la société contemporaine associée à une intime conviction que l’Homme est capable d’édifier un monde meilleur conduit Wells à très tôt s’engager dans la politique.

Il rejoindra ainsi la Fabian Society, une communauté socialiste qui oeuvrait pour promouvoir un état socialiste démocratique. Plutôt que de l’imposer par la révolution la Fabian Society misait sur une lente évolution des esprits. Alors que Wells tente de radicaliser le mouvement, il se brouille avec plusieurs de ses membres (dont George Bernard Shaw) et quitte le mouvement en 1908. Dans The Next Machiavelli (1911), il décrira son expérience de ce mouvement.

Herbert George Wells s’est également présenté en 1922 et 1923 en tant que candidat du parti travailliste.

Mais Wells n’est pas démocrate. Il considère que l’avenir de l’humanité passe par un Super-Etat Mondial gouvernée par une élite bien éduquée, formée de scientifiques et d’ingénieurs. Cette société, surpassant tout nationalisme, garantirait la paix, l’éducation et la liberté à chaque citoyen dans la mesure où cette dernière ne va pas à l’encontre de celle des autres. L’amélioration graduelle de l’humanité par des moyens radicaux tels que l’eugénisme fait également partie de ce programme . Il exprimera ces idées dans A Modern Utopia (1905).

Lorsque la première guerre mondiale éclate, Wells, à l’inverse de nombreux socialistes, soutient la Grande-Bretagne lors de son entrée dans le conflit. Il espère en effet que les politiques se saisiront de l’occasion pour bâtir un nouvel ordre mondial.

 

 C’est dans cette optique que Wells se déplace en Russie après la révolution bolchevique de 1917. Il y rencontre Lénine et Trotsky pour leur donner des conseils sur la façon dont ils doivent diriger le pays. Mais il est déçu par la façon dont les choses tournent en Russie et, en 1920, il publie The Outline of History. Il y raconte l’histoire de l’Humanité depuis ses débuts essayant de mettre en avant les mécanismes ayant conduit à la situation actuelle. Il y développe également les réussites et les échecs des sociétés ainsi que les dangers qui les menacent. Le fil directeur de l’œuvre est de démontrer que l’avenir passe par l’éducation et non par la révolution.

 

 

Ce livre aura un grand retentissement et sa version abrégée, A Short History of the World, publiée en 1932, est vendue à un grand nombre d’exemplaires. Dès lors, Herbert George Wells devient un penseur politique reconnu et écouté dans le monde entier. Il promeut alors son idée d’un gouvernement planétaire et soutient l’émergence de la Société des Nations.

En 1933, il publie The Shape of Things to Come, un roman dans lequel il décrit la reconstruction humaniste d’un monde dévasté par de nombreuses années de guerre. L’adaptation cinématographique de ce roman en 1936 sera un grand succès.

En 1934, il voyage en URSS et aux Etats-Unis rencontrant Roosevelt et Staline . Malgré une préférence marquée pour l’action de Roosevelt, il fait l’objet de nombreuses critiques à l’Ouest pour ne pas s’être suffisamment démarqué de Staline. Il dit en effet de lui :

« Je n'ai jamais rencontré d'homme plus juste, plus franc et plus honnête. »

A la grande désillusion de Wells, la Société des Nations ne peut empêcher la deuxième guerre mondiale. Ce conflit a raison de l’optimisme de l’auteur, qui publie en 1945 un dernier livre résolument pessimiste sur l’avenir de l’humanité, Mind at the End of its Tether dans lequel il écrit que le remplacement de l’humanité par une autre espèce ne serait pas forcément un mal.

Wells décède le 13 mars 1946 à Londres, en ayant perdu tout l’espoir qu’il avait placé en l’Homme.

 

  

                                              
                                                                                  

                                         

Wells fut fasciné par la révolution russe. Lors d'un voyage en

URSS en 1920, il rencontra  Lénine (photo de gauche), Trostski

 et Gorki (photo du milieu). Lors d'un second voyage en Union

 Soviétique en 1934, il s'entretenu avec Staline ce qui lui vaudra

 de nombreuses critiques. (à droite : caricature d'un journal de

l'époque)

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