Il y a 20 ans Nelson Mandela

 

 

                            Il y a 20 ans, la libération de Nelson Mandela 

 

                                                                                         


Le 11 février 1990, Nelson Mandela sortait de prison après y avoir passé 27 ans. Le rebelle de toujours allait oeuvrer à rassembler son pays. 

Nelson Mandela est né le 18 juillet 1918 dans le
sud-est de l’Afrique du Sud au sein d'un clan royal. Son père le nomme Rolihlahla, "celui par qui les problèmes arrivent". De fait, Nelson Mandela manifeste très tôt un esprit rebelle, se faisant exclure de l'université noire de Fort Hare pour un conflit sur l'élection de représentants d'étudiants.

A Johannesburg, l’amateur de femmes et de boxe devenu avocat s'engage au sein du Congrès national africain (ANC) et fonde avec d'autres la Ligue de la jeunesse de l'ANC. Il milite contre la domination de la minorité blanche et la ségrégation raciale imposée par celle-ci dès 1948. Maintes fois arrêté, Mandela est jugé une première fois pour trahison et acquitté en 1956. En 1957, il préside au passage de l'ANC à la lutte armée. Le parti sera interdit en 1960. Arrêté en 1963, Nelson Madela est jugé pour sabotage et complot contre l'Etat. Il est condamné à la prison à vie.

Depuis l'île-prison de
Robben Island au large du Cap, Mandela inspirera ses camarades. Et à partir de 1985, le régime d'apartheid est étranglé par les sanctions internationales et l'inlassable lutte interne effrite le régime.

Le 11 février 1990, le "détenu 46664" apparaît en homme libre aux côtés de sa deuxième épouse Winnie. En 1993, avec Frederik De Klerk, dernier président sous l’Apartheid, il obtient le
prix Nobel de la paix.

Triomphalement élu lors du premier scrutin multiracial, le 27 avril 1994, Mandela affiche dès son discours d'investiture sa volonté de bâtir une "Nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et le monde".

Adulé par les Noirs, il gagne peu à peu l'affection de Blancs médusés par son absence d'amertume, symbolisée en 1995 par le maillot de l'équipe nationale de rugby, sport fétiche des anciens maîtres blancs, que Mandela enfile lors de la finale qui verra les Springboks emporter la Coupe du Monde.

En 1999, il quitte la présidence et se retire de la vie publique. Aujourd’hui âgé de 91 ans, tout le monde l’appelle
Tata, c’est-à-dire le Grand-Père. Toute spéculation sur sa santé déclinante est farouchement démentie par la Fondation qui a repris son nom et son oeuvre auprès des enfants. Le culte de l'homme parfait est célébré dans le monde entier car Nelson Mandela "incarne les valeurs universelles de liberté et de réconciliation", estime un analyste politique sud-africain. (Source Europe 1 - AFP)

 

 

 

Les premiers pas de Nelson Mandela libre 


Le 11 février 1990, en plein après-midi, Nelson Mandela est libéré. Regardez en images les images de ce moment historique.

Accompagné de sa femme Winnie, Nelson Madela quitte à pied la prison. Il vient de passer 27 ans derrière les barreaux. Le pas est hésitant. Nelson Mandela ne dit rien puis lève le poingt en l’air en direction de la foule qui crie "Liberté".

Plus tard dans la journée, il prononcera un discours devant une foule en joie. Le lendemain à Soweto, le township de Johannesburg, il tiendra une conférence de presse pour assurer que son parti, l’ANC, voulait la paix et que la lutte armée n’était qu’un moyen de défense contre le régime de l’Apartheid.

 

 YouTube - MetropolisHaiti .-. 20 ans depuis la libération de Ne

 

 "On n'arrêtait pas de se pincer pour être sûr qu'on ne rêvait pas", raconte le militant anti-apartheid Desmond Tutu, en se remémorant le sentiment "magique et indescriptible" ressenti à la libération. "Les gens étaient curieux de voir à quoi il ressemblait après 27 ans de prison", se rappelle Allan Boesak, le leader du Front démocratique uni (UDF) moteur de la mobilisation interne dans les années 1980. "En le voyant de leurs propres yeux, les gens ont senti que leur libération approchait", commente-t-il. "Ce jour a été un tournant, un signal de la fin du règne de la minorité blanche." "Jusque-là, Mandela n'était qu'un slogan sur des T-shirts ou des posters. C'était la première fois que je le voyais en vrai, c'était très émouvant", confirme Siraaj Cassiem, un militant alors âgé de 18 ans.

Nelson Mandela avait 71 ans. Il était libre. Au début du mois de février 2010, il a célébré ce 20e anniversaire en organisant un dîner dans sa résidence. Il y avait convié un ancien geôlier, Christo band, avec qui au fil des années il avait développé une relation d’amitié.

En 1989, le groupe Simple Minds avait composé une chanson dédiée à cette libération et qui y a contribué indirectement. Intitulée, "
Mandela Day", elle reste un hymne adequat pour célébrer cet évènement.

 YouTube - Simple Minds - Mandela day - 46664 Tribute Nelson Man

 

 

Une libération qui a précipité la chute de l'apartheid 

 

Avec la libération de Nelson Mandela, c'est tout le régime ségrégationniste qui tombait. Après plus de 40 ans de racisme et d'injustice. Retour sur les pratiques d'un régime.

A partir de 1948, le régime politique tenu par la minorité blanche héritée des colons britanniques impose en Afrique du Sud un régime de domination et de ségrégation. Les Blancs et les Noirs n’allaient plus avoir les mêmes droits, les mêmes devoirs, les mêmes avantages.

En afrikaan, "
apartheid" signifie "vivre à part". L’idéologie s’est appuyée sur des croyances traditionnelles et un désir totalitaire. Le pays est séparé en deux. Chaque communauté vit sur elle-même et pour elle-même. Une loi impose la séparation dans les lieux publics, les transports, les lieux récréatifs, les hôtels, etc. Des espaces géographiques sont réservés aux Blancs. Les mariages mixtes sont interdits. Les relations sexuelles entre Blancs et Noirs sont proscrites. Certains quartiers des villes sont interdits aux Noirs qui devaient avoir sur eux un document résumant où ils pouvaient se rendre. Certains Noirs se verront retirés leur identité sud-africaine. Dans le domaine politique, les non-Blancs sont exclus de des affaires nationales et locales. Une loi, à la fin des années 70, ira même jusqu’à interdire aux Noirs l’accès à la formation professionnelle. La police imposera l’ensemble du régime. La mort de Steve Biko, opposant à l’Apartheid, dans des conditions floues deviendra le symbole de la résistance. 

Au milieu des années 80, les consciences politiques s’éveillent et commencent à reconnaître la nécessité de rédéfinir les rapports inter-ethniques. En 1990, le président sud-africain, Frederik De Klerk, annonce la libération de Nelson Mandela et la légalisation de l’ANC, le parti anti-apartheid interdit depuis 1960. Une nouvelle constitution allait être rédigée. En
1990, il y avait 5 millions de Blancs et 24 millions de Noirs. Le pays allait enfin vers l’égalité raciale entre les deux communautés. L’Apartheid sera officiellement abolie en 1991. (Source Europe 1)


 

La Nation arc-en-ciel au bord de la crise

 

 

Après la libération de Nelson Mandela et la fin de l'Apartheid, l'Afrique du Sud se retrouve confrontée à une transition difficile à aborder. 

A la libération de Nelson Mandela, le dialogue s'ouvre en Afrique du Sud pour démanteler l'Apartheid. Mais la transition démocratique n'est pas du goût de tous et le pays frôle la guerre civile à plus d'une reprise jusqu'aux élections de 1994. "Nous avions tous espéré qu'une fois les négociations commencées, la violence diminuerait. Mais en fait, c'est l'inverse qui s'est produit", écrit Nelson Mandela dans ses mémoires.

Dans les années 1980, le mouvement anti-apartheid avait décidé de rendre les townships ingouvernables pour forcer le régime raciste à changer. Emeutes, répression et état d'urgence sont alors le quotidien des ghettos noirs. Soucieux d'éviter la contagion, le président Frederik De Klerk cède. Il légalise en février
1990 le Congrès national africain (ANC) et libère Nelson Mandela, emprisonné depuis 27 ans. Immédiatement, les tractations officielles s'engagent. Malgré tout, les violences politiques redoublent. Les luttes pour le pouvoir font rage. Les menaces sur le processus de paix émanent de plusieurs directions. Le 10 avril 1993, le pays manque de basculer dans la guerre civile quand un partisan de l'extrême droite blanche assassine le secrétaire général du parti communiste allié de l'ANC.

Nelson Mandela s'adresse le jour-même à la nation: "Notre peine et notre colère sont fortes. Mais ne nous laissons pas provoquer par ceux qui cherchent à nous priver de la liberté."

Son message passe mais l'insécurité demeure. Cependant, les 27 et 28 avril 1994, les Sud-Africains se rendent en masse aux urnes, dans la joie et la paix. L'ANC remporte 62,5% des suffrages. Nelson Mandela est élu président. Le pays touché par la pauvreté et l'enrichissement du'une partie de la population est toujours confronté, dans certains endroits, à des violences. En conséquence, "la colère dans les communautés noires pauvres grandit à toute vitesse et les performances du parti au pouvoir déçoivent de plus en plus", indique un membre de l'Institut sud-africain sur les relations entre les races qui se veut critique : "Le concept du miracle de la Nation arc-en-ciel s'est largement effacé, sauf dans les yeux naïfs des observateurs internationaux." (Source Europe 1)

 

 

L'Afrique du Sud, nouvel eldorado 

 

 

En 20 ans, le pays a changé et s'est transformé. Notamment grâce au sport et à l'économie

Depuis le milieu des années 90, l’Afrique du Sud arbore un nouveau profil. Au-delà des querelles politiques entre les successeurs de
Nelson Mandela à la tête du pays (Jacob Zuma et Thabo Mbéki), le pays a remporté la Coupe du monde de rugby, a relancé son économie et va organiser en juin 2010, l’évènement sportif le plus important au monde : la Coupe du monde de football.

En 1995, l’
Afrique du Sud accueille la Coupe du monde de rugby et Nelson Mandela demande à l’équipe nationale de tout faire pour remporter la compétition. L’histoire est racontée dans le dernier film de Clint Eastwood, "Invictus", sorti sur les écran en janvier 2010. Symboliquement, le jour de la finale, Nelson Mandela revêtera le maillot de l'équipe nationale. Signe des temps nouveaux qui habitent le pays depuis la fin de l'Apartheid. 

Au niveau économique, le pays fait figure de nouvel eldorado. Au début des années 2000, le pays a connu quatre années consécutives de boom économique à près de 5 % de croissance par an. Le pays est devenu la première puissance économique d’Afrique. Mais elle a échoué à redistribuer les cartes et les exclus de l'ancien régime ne sont guère mieux lotis aujourd'hui. En dépit de l'émergence d'une classe moyenne noire, surnommée les "Diamants noirs", la grande majorité de la population continue de souffrir du chômage et de la pauvreté. Ajouté à cela, une criminalité récurrente et un taux élevé d’infection au VIH, l’Afrique du Sud reste faite de contraste.

Mais le pays entend conforter son bon crédit en organisant en juin 2010 la prochaine Coupe du monde de football. De nombreux investissements ont été entrepris dans ce sens. La compétition est répartie entre 9 villes. L'Afrique du Sud est un pays passionné de football. Le championnat professionnel, le Premier Soccer League, se dispute entre 16 équipes et a vu le jour en 1996. La Coupe du monde débute le 11 juin prochain. (Source Europe 1)

 

 

 

 

                         

 

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