La plaque Wilkins

 

La plaque Wilkins s'est détachée de l'Antarctique

 


Samedi 4 avril 2009, 11h19

Ce que craignaient les scientifiques du monde entier est arrivé. La plaque Wilkins, énorme bloque de glace, s'est détachée, samedi, de la péninsule Antarctique.

La bande de glace longue de 40 kilomètres la reliant au continent s'est brisée brutalement à son endroit le plus mince, là où elle ne mesurait que 500mètres de large.

«La façon dont la glace s'est rompue est stupéfiante. Voici deux jours encore, elle était intacte» relate le glaciologue David Vaughà Reuters.

Des images satelitaires prises par l'ESA montrent de gros icebergs à la dérive conséquences directes de l'effondrement du pont glaciaire.

Le réchauffement climatique est le facteur majeur de cette rupture. En 1950, la bande de glace mesurait près de 100 km de large pour finir à 500 m.

Pendant cette même période, les températures ont augmenté en moyenne de 0,5°C en Antarctique. Près de neuf autres plaques se sont désintégrées ou ont littéralement disparu en cinquante ans. «A mon avis nous allons perdre davantage de glace, mais il en restera au sud» ponctue David Vaughn.
 

Une hausse de 57 mètres

Au total, 25.000 km² de plaques de glace ont été perdues, et l’évolution des contours de l’Antarctique est un des signes les plus spectaculaires du réchauffement climatique en cours.

Car le continent antarctique se réchauffe, contrairement à ce beaucoup croyaient, selon une étude qui englobe cette région dans la tendance planétaire au réchauffement.

Les températures ont augmenté en moyenne de 0,5° Celsius en Antarctique depuis les années 1950, selon une étude réalisée par des scientifiques américains à partir de relevés météorologiques au sol et d’autres données transmises par satellites.

“Ce qu’on entend tout le temps, c’est que l’Antarctique se refroidit, or ce n’est pas le cas”,

explique Eric Steig, de l’Université de l’Etat de Washington, à Seattle, auteur principal de l’étude, publiée en janvier dans la revue Nature.

Ceux qui contestent le rôle des activités humaines dans le réchauffement planétaire ont par le passé brandi des rapports faisant état d’un refroidissement du climat de l’Antarctique, à l’appui de leur position consistant à nier tout réchauffement.

Un refroidissement en certains endroits comme le pôle Sud et l’extension de la banquise d’hiver autour du continent masquent une tendance globale au réchauffement sur un continent plus grand que les Etats-Unis, où la moyenne des températures annuelles oscille autour de -50°.

Si la totalité des glaces de l’Antarctique fondait, le niveau moyen des mers du globe monterait de 57 mètres.

Aussi, la fonte ne serait-ce que d’une petite partie de cette glace menacerait les Etats insulaires du Pacifique et de grandes métropoles côtières.

 

 

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Date de dernière mise à jour : 03/07/2012