10 juin 1971 : l'orage de grêle

 

                        ANTIBES

            10 juin 1971 : l'orage de grêle               

   10 juin 1971 : l'orage de grêle_1
Quelques jours encore avant l'orage, l'horticulture antiboise
était florissante et permettaità la ville de bénéficier d'un
rayonnement international. Après le passage de la grêle et
les dégâts qu'elle a causés, ce fut la lente agonie de ce
secteur d'activité.

 

l y a 40 ans Dans la nuit, vers 4 h 30, une formidable pluie de grêlons s'abattait sur la commune. 300 hectares de serres étaient détruits. Histoire et témoignages

«Avant l'orage de grêle du 10 juin 1971, il y avait 650 exploitations horticoles sur le canton d'Antibes-Biot-Vallauris. Aujourd'hui, sur le même secteur, nous sommes moins de 50 professionnels. Ce jour-là, l'horticulture a été en grande partie décapitée », raconte Gilbert Constans, président du syndicat des horticulteurs et l'un des derniers producteurs antibois de la fameuse rose qui a fait la renommée internationale de la ville (lire par ailleurs).

Sa famille a vécu ce cauchemar, comme la plupart des professionnels du quartier de la Constance. Et aujourd'hui, quarante ans jour pour jour, cette triste nuit demeure vivace dans toutes les mémoires. Il était donc 4 h 30, ce 10 juin 1971, lorsque de lourds nuages chargés de grêle commencent à crever au-dessus du secteur compris entre l'ex-RN7 et l'autoroute A8. Seul le Cap d'Antibes est épargné.

Aucune victime humaine

Pendant quelques minutes, sous l'impact des grêlons dont certains atteignaient jusqu'à cinq centimètres de diamètre, près de 300 hectares de cultures subissent ce bombardement meurtrier. En un quart d'heure, toute la zone des hauts de la Fontonne est ravagée.

Les propriétés et les serres (à l'époque en bois et en verre) sont détruites. 700 familles d'horticulteurs sont sinistrées par la catastrophe.

Seule consolation dans ce tableau apocalyptique : le violent orage n'a fait aucune victime humaine.

Si tôt la tempête passée, les horticulteurs témoignent. Dans l'édition de Nice-Matin datée du 11 juin : « Jamais nous n'avons vu un tel phénomène. En quelques minutes à peine, nous avons tout perdu », confient-ils. M. Targe, le directeur du lycée agricole et horticole de l'époque, précise au journaliste : « Tout a été rasé sur le secteur. Nous avions un hectare de serre, il ne reste plus rien. Les vignes, les pommiers, tous les arbres ont été littéralement pelés ».

Chez les producteurs de plantes en pots, sinistrés également à 100 %, la plupart ont vu disparaître des plantes dont certains avaient plus de 60 ans d'âge.

12 000 tonnes de verre ramassées

Cet orage de grêle bref a été la conséquence d'un phénomène météorologique très localisé : il a sévi sur un périmètre d'à peine une dizaine de kilomètres, autour du centre d'Antibes qui, lui, a été épargné.

Comme si elle avait eu le mauvais oeil, ce n'est donc que la partie à forte densité agricole du canton antibois qui a été dévastée. Près de 12 000 tonnes de verre des serres ont été brisées.

Leur remise en état a été très longue. Et tellement difficile qu'il a fallu avoir recours à l'armée et bénéficier de l'aide de toutes les communes environnantes pour remettre les lieux en état, autant que faire se peut.

Mais, finalement, les dégâts matériels n'ont pas été la pire chose que l'on pouvait redouter après le passage des éléments déchaînés.

« Cet orage a amené bon nombre d'horticulteurs qui n'étaient pas assurés à déposer le bilan. Il fut en grande partie responsable de la lente agonie de l'horticulture et de la rose à Antibes », souligne Gilbert Constans.

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