Il y a 20 ans, l'horreur à Furiani

 

C'était il y a vingt ans. Le mardi 5 mai 1992, à 20 heures, 20 minutes et quelques secondes d'éternité.

En cette nuit de printemps, le stade Armand-Cesari est le théâtre d'un peuple corse en liesse. Et soudain, le temps d'un soupir, l'enfer happe le paradis. La tribune se casse en deux. 4 200 supporters sont précipités dans le vide.

L'horreur a dévoré la fête en une seule bouchée. Le bilan est terrifiant. Dix-huit morts. 2 357 blessés. Le temps panse les plaies mais n'efface pas les blessures de la mémoire. La France du football a écrit la page la plus sombre de son livre d'histoire.

La Corse avait pourtant déjà payé un lourd tribut trente ans plus tôt, le 29 décembre 1962, lorsque l'avion qui transportait 22 joueurs et joueuses du club de basket-ball de Bastia a heurté la paroi du Monte Renoso, ne laissant aucun survivant. Mais là, ce n'est pas les mauvaises conditions météo qui ont brisé la tribune et la vie de tant de familles. Mais l'inconscience élevée à une hauteur vertigineuse.

Vingt ans après, les retards en équipements se comblent à peine. Les leçons les plus simples sont aussi les plus difficiles à retenir. Mais le moment n'est pas à la polémique, il est au recueillement.« Rien n'est plus vivant qu'un souvenir ». Dans le droit fil du poète espagnol Federico Garcia Lorca, Corse-Matin contribue à maintenir vivant le feu du souvenir.

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Date de dernière mise à jour : 09/05/2012