Des radars moins repérables

 

Des radars moins repérables pour faire baisser la mortalité routière

 

       

Jeudi 18 février 2010, 16h20
A l'avenir, les radars seront moins faciles à repérer, pour être plus efficaces, a annoncé jeudi François Fillon, en présentant 14 mesures destinées à faire reculer le nombre de morts sur les routes qui a stagné en 2009 après sept années de baisse.

"La lutte contre l'insécurité routière reste une priorité du gouvernement", a assuré le Premier ministre, en présentant ces mesures, dont certaines figurent déjà dans la Loppsi 2 (loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure), à l'issue d'un Conseil interministériel sur la sécurité routière (CISR).

"Il est hors de question de relâcher la pression sur ce sujet", a ajouté M. Fillon, alors que 4.262 individus sont morts sur les routes métropolitaines en 2009, un tout petit peu moins (-0,3%, 13 victimes de moins) que l'année précédente.

Les 800 nouveaux radars fixes dont l'installation est prévue d'ici 2012 ne seront plus signalés 400 mètres en amont mais 1 à 2 km, dans des zones de "contrôles radar fréquents".

Objectif: "éviter le petit coup de frein suivi de la ré-accélération devant le radar fixe", a expliqué le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau.

Par ailleurs, 100 radars dits "tronçon" seront mis en place à partir de 2011: ils contrôleront la vitesse moyenne entre deux points distants de quelques kilomètres dans des "zones sensibles" (virages dangereux, abords de chantiers).

Les associations ont salué ces mesures destinées à lutter contre les excès de vitesse, deuxième cause de mortalité sur les routes après l'alcool.

"Beaucoup de gens se jouent des radars", a souligné Bernard Pottier, président de l'association Prévention routière.

Les représentants de victimes ont toutefois regretté l'absence d'avancée en matière de radars de troisième génération, embarqués dans des véhicules banalisés.

"Ces radars fonctionnent actuellement en Pologne", a souligné Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière.

Pour lutter contre l'alcool et la drogue au volant, les véhicules de la police et la gendarmerie disposeront de 1.800 éthylomètres électroniques supplémentaires à partir de cette année, a par ailleurs annoncé François Fillon et le nombre de tests salivaires anti-stupéfiants augmentera de 60%.

Les débits de boissons devront également mettre à disposition de leurs clients, gratuitement ou non, des éthylotests chimiques ou électroniques, dans le prolongement d'une mesure similaire décidée en février 2008 pour les discothèques.

S'agissant des deux roues motorisés, représentant 28% des tués parmi lesquels beaucoup de jeunes, un contrôle technique périodique sera obligatoire à partir de la deuxième année de mise en circulation pour vérifier le bridage des cyclomoteurs.

"Cela nous paraît aller tout à fait dans le bon sens", a réagit Bernard Pottier, pour qui le débridage est "une plaie".

"Mais rien sur un permis deux roues motorisées", a regretté Vincent Julé-Parade, vice-président de l'association Victimes et Citoyens.

Enfin, la peine pour les auteurs de délits de fuite, qui ont augmenté de 31% en sept ans, est aggravée : trois ans de prison et 75.000 euros d'amende contre deux ans et 30.000 euros d'amende aujourd'hui.

Dans l'ensemble, "c'est quand même assez décevant", a jugé Vincent Julé-Parade. Comme Chantal Perrichon, il juge ces mesures insuffisantes pour atteindre l'objectif du président Nicolas Sarkozy de ramener en dessous de 3.000 le nombre des tués sur la route en 2012.

 

                                                                                                                               

Des véhicules passent devant un radar sur l'autoroute A35 à Innenheim le 24 octobre 2007.

                                                                                               

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