Château Royal de Provence de Tarascon en Provence

 

C'est en 1400 que Louis II d'Anjou (1377-1417), comte de Provence, ordonne la construction du château actuel.

 Ayant passé son enfance en Italie, celui-ci fait édifier un palais-forteresse présentant à la fois les caractères du

 château-fort médiéval et l'architecture raffinée de la demeure princière. A sa mort en 1417, c’est son fils aîné Louis

 III (1403-1434) qui hérite du château. Lorsque Louis III décède à son tour, son frère cadet, René Ier dit le Bon

 (1409-1480) entreprend d’embellir la forteresse de son père. Au cours de son premier long séjour à Tarascon, celui

-ci fait exécuter les ornementations de la cour d'honneur dans un premier style gothique renaissant. L'année 1449

 marque l'arrêt définitif de la construction du château. Par la suite, le roi René se contente de procéder à des

 aménagements intérieurs : peintures et ameublement. Lorsqu'en 1480, ce dernier décède, il laisse l'Anjou et la

 Provence à son neveu Charles du Maine, qui lègue au roi de France, Louis XI, le château de Tarascon. En 1481

, la Provence est ainsi rattachée au royaume de France, la frontière du Rhône est abolie et dès lors, la belle

 forteresse sert de résidence de passage aux rois de France et aux grands seigneurs.

 

A partir du XVIIe siècle, le château est transformé en prison et voit se succéder, en fonction des guerres, des

 prisonniers d'origine espagnole ou anglaise pris sur les navires marchands, ainsi que des pirates qui sévissent

 en Méditerranée et sur le Rhône : certains de ces prisonniers ont d'ailleurs laissé sur les murs du château de

 nombreuses inscriptions gravées appelées graffiti que l'on peut encore admirer.

 

Le château devient ensuite prison officielle en 1816 et le reste jusqu'en 1926.

 

Il a été classé en 1840, à l'occasion de la parution de la première liste dressée par la Commission des Monuments

 Historiques. L'inscription du château dans cette première liste française de « monuments classés » est due à

 l'initiative de Prosper Mérimée, qui le découvre très abîmé mais reconnaît son intérêt historique lors de la tournée

 d'inspection qu'il entreprend en France en 1834. Malgré ce classement, il faut attendre 1894 pour que l'Etat

 courtines est restitué.

 

C'est en 1926, alors que le château ne sert plus de prison, qu'il est sérieusement envisagé de détruire la bâtisse.

 Heureusement, le château est conservé et cédé par le département des Bouches-du-Rhône à l'Etat en

 1932. L'Etat entreprend alors des travaux d'aménagement pour le rendre accessible aux visiteurs et ouvre le

 monument au public.

 

Après la décision par l'Etat de se dessaisir du château, la commune de Tarascon se porte acquéreur et le

 monument devient propriété communale depuis le 1er janvier 2008 : elle désire aujourd'hui en faire le fer de

 lance de sa politique touristique et culturelle

 

 
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Description architecturale

En 1449, le château mesure 130 mètres de long sur 36 de large et s’appuie sur un rocher taillé à pic qui prolonge jusqu’au fond des douves la forme des tours et des murs.

Il se divise en 2 parties de surface à peu près égale : au Nord, où se trouve actuellement l’accueil, étaient situés les communs, les salles pour les hommes d’armes et une cour bien ensoleillée qu’enferme une courtine aux tours carrées.

Le "trésor" de l’apothicairerie de l’hôpital St Nicolas y est présenté : un ensemble remarquable de faïences du XVIII° dans des boiseries de la même époque..

Au Sud, se dresse la masse cubique du château qui s’élève à 45 mètres au dessus du Rhône.

Ces deux parties de même niveau, sont séparées par un vaste intervalle qu’enjambait autrefois un pont-levis.

La résidence princière s’organise autour de la cour d’honneur nettement marquée par la Renaissance.

Les façades sont rythmées par de larges fenêtres à croisées qui augmentent la luminosité et l’agrément des pièces.

La tourelle d’un escalier à vis, ajourée sur toute sa hauteur, s’élance jusqu’à la terrasse sommitale d’où l’on peut admirer un magnifique panorama.

La décoration sculptée de l’église, représentative du gothique flamboyant, révèle ses influences italiennes.

Quatre tours liées par des corps de bâtiment larges de 10 mètres, percés d’oculi, ponctuent les angles extérieurs de l’édifice.

La tour ronde de l’Horloge (nord-est) comprend 4 salles superposées auxquelles on accède par un escalier à vis.

C’est la tour la plus massive de l’édifice (3.50 m à l’ébrasement des fenêtres, 6 m aux fondations).

La salle basse, hexagonale, offre de curieux dessins de galères et de vaisseaux gravés dans la pierre.

La 2ème tour dite "des chapelles" (sud-est) n’est ronde qu’à l’extérieur, elle renferme 2 chapelles : la plus basse, à deux travées, possède une abside à huit branches qui remonte au XIVème siècle.

Son portail à profondes voussures, était orné de statues.

La chapelle haute, à deux travées, est éclairée par une magnifique fenêtre ogivale.

On y remarque une abside à 6 branches et deux petits oratoires.

Quatre escaliers ne comprenant pas moins de 136 marches mènent au gigantesque belvédère que constitue la terrasse d’où la vue s’étend du Ventoux à la mer.

La 3ème tour, dite du Rhône, est carrée et située au sud-ouest, elle renferme une salle aux magnifiques culots.

La 4ème tour, carrée aussi, occupe l’angle du nord-ouest.

Elle porte le nom de "l’Artillerie", en raison de son rôle et s’élève à 1.20 m au dessus de la terrasse.

Une 5ème tour, dite du "Donjon", située entre les tours de l’Horloge et de l’Artillerie, semble appartenir à une construction antérieure : on y passe d’un étage à l’autre uniquement par des trappes.

Les trente trois appartements renferment des beautés et des particularités qui retiennent facilement le regard des visiteurs.

Une niche Renaissance attribuée à Laurana, abrite les bustes du Roi René et de sa deuxième épouse, Jeanne de Laval.

Cette niche porte une inscription latine dont voici la traduction : "Ces augustes personnages, célèbres par les lys de France et la croix, travaillent sans cesse à se frayer un chemin vers le ciel".

Dans l’aile Ouest, les plafonds à caissons de la salle des festins et du salon du Roi, se couvrent d’un riche décor pictural.

Au dernier étage, la salle d’audience est voûtée d’ogives pour soutenir la terrasse.

Une série de tapisseries flamandes du XVIII° siècle illustrant l’histoire de Scipion l’Africain est exposée dans ces salles.

L’aile est abrite les appartements de la Reine. Tout témoigne, dans ce château, de la magnificence et du raffinement du prince angevin.

Acquis par l’Etat en 1932, ce château est classé monument historique depuis 1840.

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Date de dernière mise à jour : 07/06/2012