Les Chinois explorent les abysses sous-marins

 

Un submersible chinois avec équipage a plongé pour la première fois vendredi à plus de 6 000 mètres et va tenter un nouveau record à 7 000 mètres, preuve que la Chine, en dehors de l’exploration de l’espace, nourrit des ambitions dans celle des profondeurs marines.

L’exploit sous-marin rapporté par l’agence Chine nouvelle a été réalisé par le Jiaolong, qui porte le nom d’un dragon mythique, dans la Fosse des Mariannes - la plus profonde du monde - dans l’océan Pacifique, près de l’île de Guam et des Philippines


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6 000 mètres sous les mers

Le Jiaolong, sous-marin destiné à la recherche scientifique et à l’exploration des richesses naturelles des fonds marins, a atteint avec ses trois hommes d’équipage la profondeur de 6 000 mètres, près de trois heures après le début de sa plongée, a précisé Chine nouvelle. Il s’agit du premier des six essais prévus pour tenter d’atteindre les 7 000 mètres, a ajouté l’agence officielle alors que Pékin accentue ses efforts pour exploiter les ressources des fonds océaniques.

Cette série d’essais qui devrait donner lieu à la glorification des progrès technologiques de la Chine par ses médias, a lieu alors que Pékin s’apprête à lancer samedi, dans le désert de Gobi, son prochain vol spatial habité, Shenzhou IX, avec sa première femme astronaute à bord, autre grand sujet de fierté nationale. Et d’ailleurs, du fond des océans, les trois membres de l’équipage du Jiaolong ont envoyé leurs « meilleurs vœux » de réussite aux spationautes chinois pour leur mission.


Explorations sous-marines

Comme pour l’espace, la Chine a mis les bouchées doubles pour l’exploration marine et comblé ces dernières décennies une partie de son retard sur les pays développés. Dans les profondeurs, la Chine avait été le cinquième pays à franchir le seuil des 3 500 mètres pour des missions habitées.

Puis en juillet 2011, un submersible chinois avait plongé pour la première fois à 5 057 mètres, dans la même fosse des Mariannes. Déjà à cette profondeur, le vaisseau chinois était apparemment capable d’atteindre 70 % des fonds océaniques de la planète. D’après les experts, le Jiaolong doit collecter des échantillons de vie sous-marine et étudier les structures géologiques et minières.

Mais Zhou Huaiyang, enseignant à l’Ecole des sciences des océans et de la terre de l’Université de Tongji (Shanghai), est sceptique. « Même après avoir atteint 7 000 mètres, il n’est pas certain que le sous-marin pourra remplir des missions scientifiques », dit-il, invoquant « la stabilité et la résistance du vaisseau », le niveau de compétence de l’équipage et « les capacités des deux à opérer dans des milieux sous-marins très variés ».


Quête d’hydrocarbures

La Chine a accentué ces dernières années ses efforts de prospection pour trouver des hydrocarbures et d’autres ressources naturelles, afin d’alimenter sa rapide croissance économique. L’appétit des Chinois pour les matières premières et le renforcement des capacités militaires de Pékin sont aussi une source d’inquiétude au niveau international, particulièrement chez les voisins de la Chine en Asie.

L’an dernier, le Jiaolong avait symboliquement planté un drapeau sur un fond marin en mer de Chine du Sud, dont la souveraineté est disputée entre plusieurs Etats, un geste considéré par certains comme une provocation. Vendredi, remontés à la surface, les plongeurs du Jialong ont « agité le drapeau chinois et envoyé leurs vœux à la mère-patrie », selon Chine nouvelle.

La descente la plus profonde jamais effectuée par un sous-marin remonte à 1960 lorsqu’un vaisseau de la marine américaine avait atteint le fond de la Fosse des Mariannes, à environ 11 000 mètres sous la surface. En mars dernier, le cinéaste américain James Cameron, réalisateur de Titanic, avait fait une descente en solitaire à près de 11 000 mètres dans la même fosse.


Sciences et techniques vendredi 15 juin 2012


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